Construire sa terrasse en bois étape par étape

Pourquoi choisir une terrasse en bois
La terrasse en bois prolonge l’espace de vie vers le jardin sans les défauts du béton et du carrelage. Le bois ne surchauffe pas en plein soleil (35°C en surface contre 60°C pour le carrelage foncé), reste confortable pieds nus et absorbe les chocs. Sa construction en autoconstruction coûte 40 à 100 €/m² selon l’essence — 30 à 50 % de moins qu’une terrasse en dalle béton posée par un professionnel.
Un bricoleur méthodique pose une terrasse de 20 m² en un week-end. La technique est répétitive (lambourdes + lames) et ne demande aucun outil spécialisé au-delà d’une visseuse et d’un niveau.
Choisir l’essence
Le bois extérieur en contact avec l’humidité du sol doit être classé en classe d’emploi 3 ou 4 (norme NF EN 335). Sous ce seuil, les champignons lignivores et les insectes dégradent le bois en 2 à 5 ans.
Pin autoclave classe 4
L’option la plus économique : 15-25 €/m². Le traitement autoclave imprègne un biocide dans les fibres sous pression. La teinte verdâtre initiale évolue vers un brun miel en 6 à 12 mois.
Durée de vie : 10-15 ans avec un entretien annuel (saturateur ou huile). Le traitement autoclave utilise des sels de cuivre — vérifiez que le produit est certifié CTB-B+ (sans chrome ni arsenic, conformité réglementaire depuis 2006).
Mélèze
Résineux européen naturellement durable en classe 3 : 25-40 €/m². Sa résine interne le protège sans traitement chimique. La teinte dorée initiale évolue vers un gris argenté en 12 à 18 mois d’exposition. Ce grisaillement est esthétique (style bord de mer) mais réversible avec un dégriseur.
Le mélèze est le meilleur rapport durabilité/prix en bois non traité. Sa densité (590 kg/m³) le rend robuste et stable.
Chêne
Le choix patrimonial : 35-50 €/m². Le tanin naturel du chêne repousse les insectes et les champignons. Sa dureté élevée (Monnin 3,5) résiste aux meubles de jardin, aux passages répétés et aux chocs. Durée de vie : 25-40 ans.
Attention aux coulures de tanin les premières années — le tanin brun tache le béton et les pierres en contrebas. Un rinçage régulier atténue le phénomène.
Bois exotiques (ipé, cumaru)
Les plus durables : 50-80 €/m². Imputrescibles naturellement, ces bois tropicaux affichent des durées de vie de 30 à 40 ans sans aucun traitement. Leur densité extrême (1 050 kg/m³ pour l’ipé) les rend très résistants mais impose un pré-perçage systématique.
Exigez la certification FSC ou PEFC pour garantir une provenance responsable. Les bois exotiques non certifiés alimentent la déforestation illégale.
Pour approfondir les propriétés de chaque essence, consultez le guide du choix du bois massif.
Préparer le terrain
Décapage et nivellement
Délimitez l’emprise de la terrasse à l’aide de piquets et de cordeau. Décapez la terre végétale sur 20 à 30 cm. Nivelez le fond de forme avec une pente de 1 à 2 % orientée vers l’extérieur de la maison — cette pente évacue les eaux pluviales et empêche les stagnations au pied du mur.
Vérifiez la pente avec un niveau de maçon et une règle de 2 m. Pour une terrasse de 4 m de profondeur, la différence de hauteur entre le mur et le bord extérieur est de 4 à 8 cm.
Lit de fondation
Étalez un géotextile anti-racines sur toute la surface. Sans géotextile, les adventices repoussent à travers le gravier en une saison et soulèvent les plots.
Recouvrez de 10 à 15 cm de gravier concassé 0/20 mm. Compactez à la plaque vibrante (louable pour 40-60 €/jour) en 2 à 3 passes croisées. Ce lit drainant assure la stabilité des plots et empêche les remontées d’humidité.
Plots
Plots béton — Coulez des plots de 30 × 30 cm sur le gravier compacté, espacés de 40 à 50 cm dans l’axe des lambourdes. Noyez des supports métalliques en U dans le béton frais. Cette méthode est la plus robuste pour les terrasses de plus de 15 m².
Plots réglables PVC — Plus rapides à installer, ils permettent un réglage fin de la hauteur (20 à 500 mm selon le modèle). Posés directement sur le gravier ou sur une dalle existante, ils conviennent aux terrasses de taille modeste. Le coût unitaire (3 à 8 €) est compensé par le gain de temps.
Poser la structure
Lambourdes
Les lambourdes sont les poutres horizontales qui supportent les lames. Utilisez la même essence que vos lames (ou du bois traité classe 4) en section 40 × 60 mm ou 45 × 70 mm.
Espacement entre lambourdes : 40 à 50 cm d’axe en axe pour les bois durs, 35 cm pour les bois tendres ou les lames fines (21 mm). Vérifiez le niveau et la planéité à chaque lambourde — c’est cette structure qui détermine la qualité finale du platelage.
Laissez 10 à 15 mm entre l’extrémité des lambourdes et tout mur ou obstacle. Cet espace permet la circulation d’air sous la terrasse et le mouvement du bois.
Ventilation sous terrasse
Une lame d’air de 50 mm minimum doit circuler sous les lambourdes. Sans ventilation, le bois piège l’humidité et pourrit par en dessous — la partie invisible qui provoque les effondrements.
Ne posez jamais les lambourdes directement sur une dalle béton sans cales. Les cales en PVC (3 à 5 mm) suffisent pour créer la ventilation nécessaire.
Poser les lames
Sens de pose
Les lames se posent perpendiculairement aux lambourdes. Sur une terrasse rectangulaire, orientez les lames dans le sens de la plus grande dimension — l’espace paraît plus grand. Si la terrasse longe la maison, les lames perpendiculaires au mur sont le choix classique.
Espacement et fixation
Jeu entre lames : 5 à 8 mm. Ce jeu compense la dilatation du bois (le bois gonfle en hiver humide) et permet l’écoulement de l’eau. Des cales d’espacement en plastique garantissent un écart régulier sur toute la surface.
Fixez chaque lame avec 2 vis inox A2 (ou A4 en bord de mer) par croisement avec une lambourde. Pré-percez systématiquement à 2 mm du diamètre de la vis pour éviter les fentes, surtout en bout de lame. Les vis s’enfoncent de 2 mm sous la surface pour éviter les accrochages pieds nus.
Commencez la pose par la lame la plus éloignée de la maison et progressez vers le mur. La dernière lame — la plus visible depuis l’intérieur — sera ainsi parfaitement ajustée et coupée proprement.
Détails de finition
Arrondissez les arêtes des lames de bordure avec un chanfrein léger (papier abrasif grain 80 ou rabot). Les arêtes vives concentrent l’humidité et éclatent les premières.
Les découpes autour des poteaux, arbres ou murs se réalisent à la scie sauteuse. Laissez toujours 5 mm de jeu autour de l’obstacle.
Finition et entretien
Premier traitement
Appliquez un saturateur ou une huile pour terrasse dans les 15 jours suivant la pose. Le saturateur pénètre dans le bois et freine le grisaillement UV. Une terrasse non traitée grise en 2 à 4 mois — le bois n’est pas endommagé, mais l’esthétique change radicalement.
Application : au rouleau à poils courts ou au spalter, dans le sens des fibres. Une couche suffit la première année. Renouvelez une à deux fois par an selon l’exposition (sud = 2 fois/an).
Entretien annuel
Un nettoyage au jet d’eau basse pression et à la brosse nylon en mars suffit pour retirer les mousses et saletés hivernales. Le nettoyeur haute pression (au-delà de 80 bars) est à proscrire — il érode les fibres tendres du bois et accélère le vieillissement.
Vérifiez annuellement le serrage des vis et l’état des lambourdes. Resserrez les vis qui affleurent et remplacez celles qui tournent dans le vide (trou agrandi par le mouvement du bois).
Budget pour une terrasse de 20 m²
| Poste | Pin CL4 | Mélèze | Ipé |
|---|---|---|---|
| Lames | 300-500 € | 500-800 € | 1 000-1 600 € |
| Lambourdes | 100-150 € | 150-200 € | 200-300 € |
| Plots/fondations | 100-200 € | 100-200 € | 100-200 € |
| Visserie inox | 50-80 € | 50-80 € | 50-80 € |
| Géotextile + gravier | 60-100 € | 60-100 € | 60-100 € |
| Saturateur | 40-60 € | 40-60 € | 40-60 € |
| Total | 650-1 090 € | 900-1 440 € | 1 450-2 340 € |
Un professionnel facture 120 à 250 €/m² tout compris (2 400-5 000 € pour 20 m²). L’autoconstruction économise 50 à 70 % du budget.
Complétez votre terrasse par une pergola bois pour créer une zone ombragée. Les assemblages traditionnels vous serviront aussi pour construire le mobilier de jardin assorti.